| Chaufferie de La Défense |
|
||
|
|
|||
|
|
Le Parisien , mercredi 31 mai 2006
«IRRÉGULARITÉS », « impréparation », « suivi technique défaillant »...
Le rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France sur la
gestion du syndicat mixte de chauffage urbain de La Défense (Sicudef)
est particulièrement accablant. Il concerne l'examen des comptes
1998-2003 du Sicudef, dont la chaufferie de Courbevoie alimente 2,7
millions de mètres carrés de bureaux et 9 800 logements. Pendant cet
exercice et même après, la chambre reproche au syndicat de n'avoir «
jamais sérieusement surveillé ses concessionnaires » en acceptant de «
faire payer le chauffage beaucoup trop cher » aux contribuables. En
conclusion, les experts de la chambre recommandent que le Sicudef fixe «
des tarifs plus faibles » aux usagers.
Frédéric Mouchon ****************
Le Parisien , mercredi 31 mai 2006
SOULIGNANT dans son
rapport que « les usagers ont droit aux tarifs les plus bas », la
chambre des comptes constate que ce n'est pas le cas à La Défense depuis
des années et recommande au Sicudef de « renégocier les tarifs de la
concession ». Une concession attribuée le 1 e r septembre 2002 à la
société Enertherm qui a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 35
millions d'euros pour l'exercice 2002-2003. La chambre reproche au
syndicat d'avoir été « dans l'incapacité d'évaluer la rentabilité
prévisionnelle d'Enertherm, ce qui l'a empêché de négocier une baisse
des tarifs bien supérieure à celle de 5 % décidée avant le lancement de
l'appel d'offres ». « C'est maintenant, et non avant, sur la base d'un
calcul basé sur des réalités, que le syndicat sera fondé à réclamer une
nouvelle baisse des tarifs, comme il vient de commencer à le faire »,
souligne de son côté le président du syndicat. « La négociation est en
cours », confirme-t-on chez Enertherm où le prix du chauffage est tarifé
au particulier 58 € par mégawatt/heure, sans compter le coût de la
redevance (un prix d'accès au réseau très élevé). « La Défense est un
site à part », se défend le concessionnaire, qui affirme avoir investi «
100 millions d'euros pour construire une seconde centrale de secours à
Nanterre ». « Le coût du chauffage est certes plus élevé, mais c'est le
prix de la sécurité » avancent les responsables d'Enertherm. Le
président du Sicudef ne semble pas du même avis et s'est engagé dans un
bras de fer avec la société concessionnaire qu'il avait pourtant
choisie. Alors que 800 000 m 2 de bureaux supplémentaires pourraient
être construits à l'avenir à La Défense (ce qui constituerait un énorme
marché supplémentaire pour Enertherm), le président du Sicudef se fait
menaçant : « Ou bien le concessionnaire s'engage, dès à présent, dans la
voie d'une révision significative des tarifs, ou bien il faut obtenir de
l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (Epad), que tous ces
mètres carrés soient chauffés par des moyens autonomes...» Ambiance.
F.M. ****************
Le Parisien , mercredi 02 mars 2005
«C'EST UNE NOUVELLE
stupéfiante.» Joëlle Paris, la secrétaire du
Comité des
riverains anti-centrale (Crac) de Courbevoie, ne cache pas sa satisfaction. Contre
toute attente, le commissaire-enquêteur chargé de se prononcer sur le
projet d'exploitation d'une chaufferie au gaz à Nanterre vient de rendre
un avis défavorable, considérant notamment que «l'utilité du projet
n'est pas démontrée». Frédéric Mouchon **************** Le Parisien , mercredi 02 mars 2005
Estelle LE TOUZÉ, élue verte de Nanterre «FRANCHEMENT,
personne n'y croyait.» Elue verte de Nanterre et membre du syndicat
intercommunal de chauffage urbain de La Défense (Sicudef), Estelle Le Touzé a été la première surprise de l'avis défavorable délivré par le
commissaire-enquêteur. Elle qui s'est battue contre l'implantation de la
chaufferie de Nanterre se félicite que «l'expression des citoyens soit
pour une fois prise en compte dans un dossier très technique». Frédéric Mouchon **************** Conseil municipal de Nanterre, 26 octobre 2004
Extrait d’intervention d’Estelle Le Touzé (Verts) « … donc, chers collègues, considérez aujourd’hui que les Verts remettent en cause ce projet dans la mesure où l’on n’a toujours pas répondu à nos questions : 1. Des soupçons pèsent sur la validité des marchés publics concernant les concessions du réseau de chauffage urbain et de climatisation de la Défense. Certes, il faut attendre que la Justice se prononce, mais le minimum serait de se hâter lentement dans l’avancée de ce gros dossier 2. Concernant l’opportunité d’une telle installation, je l’ai déjà maintes fois rappelé dans cette assemblée et dans les réunions du SICUDEF : Il n’en est plus de même pour : 3. J’ajouterai, bien évidemment, le point relatif aux risques d’accidents et de pollutions diverses qu’encourent tous les humains vivant à portée de cette usine : On nous dit que cette usine sera moins polluante et moins dangereuse que celle de Courbevoie, il n’empêche ! Il y a tout de même des interrogations concernant les effets sur la santé des effluents atmosphériques selon les conditions météo.. Il y a tout de même des interrogations concernant le parcours des conduites d’eau surchauffée dans les villes. Interrogations d’autant plus fondées qu’on sait que 70% des accidents sont le fait de travaux tiers. L’étude de danger répond à toutes ces questions. Mais quelle en est la pertinence puisque nous entendons un seul son de cloche : celui du cabinet mandaté par l’industriel ! Et je n’ose aborder l’éventuel détournement de la cogénération qui verrait une entreprise, assurée de revendre son électricité à prix attractif à EDF, tentée par la recherche de rentabilité à tous crins. Car quand même, si le SICUDEF ne peut, par définition, être soupçonné de vouloir faire des bénéfices, il n’en est pas de même de l’industriel ENERTHERM qui compte bien – et nous le comprenons, évidemment – tirer un profit substantiel de son activité. D’où nos propositions à inscrire au cahier du commissaire enquêteur: 1. Obtenir du SICUDEF que figure dans le dossier de demande, le bilan énergétique de l’actuelle chaufferie de Courbevoie et une étude prospective des besoins – étude qui examinerait des solutions alternatives pour le chauffage de la zone de La Défense et choisirait celles qui comportent le moins de risques, tant sur le plan de l’approvisionnement en énergie qu’en accidents industriels potentiels, – ce qui n’exclut pas une nouvelle chaufferie urbaine, mais dont le calibrage pourrait être revu en fonction d’éléments d’analyse objectivés. 2. Comme la loi l’y autorise, obtenir du préfet des Hauts-de-Seine, via le STIC, la réalisation d’une tierce expertise par un cabinet indépendant pour apprécier la pertinence des mesures qui figurent actuellement dans le rapport d’analyse de dangers, relatives aux émanations de substances dans l’air, aux effets thermiques, aux surpressions et évidemment aux risques d’explosion de gaz sans oublier l’analyse des nuisances sonores. 3. Et donc, dans l’état actuel du dossier, émettre un avis défavorable à la demande d’autorisation d’exploiter ;Estelle Le Touzé **************** Le Parisien , vendredi 22 octobre 2004
LES LOCAUX de l'établissement public de La Défense (Epad)
situés dans la tour Areva, ont reçu mercredi matin la visite plutôt
inattendue d'une dizaine de policiers de la direction nationale de
infractions financières (DNIF). Accompagnés par la juge d'instruction de
Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, les enquêteurs ont perquisitionné une
partie de la matinée avec, pour objectif, de rechercher des documents
liés aux passations d'appels d'offres pour le marché du chauffage de La
Défense. Cette opération n'est pas la première dans cette affaire. **************** Le Parisien , jeudi 06 mai 2004
APRÈS DIX ANS d'enquête, l'affaire de l'explosion de la chaufferie de La Défense, qui avait provoqué en mars 1994 la mort de deux personnes, dont une fillette, a enfin livré son épilogue judiciaire. Après avoir étudié une quarantaine de tomes de procédure relatifs au drame, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a délivré un arrêt de non-lieu. Une décision qui laisse sans voix Naziha Rouagh, maman de la petite Sarah, décédée à l'âge de cinq ans dans le pavillon familial situé à l'époque à deux pas de l'usine (voir encadré). Difficile pour cette mère de famille de comprendre comment la justice a pu conclure à un non-lieu alors que deux personnes sont décédées et que cinquante-neuf autres ont été blessées suite au drame. L'explosion avait été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde et avait provoqué des dégâts considérables dans tout le quartier. La thèse de l'erreur humaine est désormais admise : l'un des ouvriers de l'usine aurait effectué une fausse manœuvre sur la goupille de sécurité d'une vanne de gaz. Depuis le drame, une nouvelle loi s'applique désormais concernant la responsabilité pénale des auteurs indirects de dommages, qui rend du coup plus compliquée la démonstration d'une infraction involontaire. L'application de cette loi a-t-elle permis à l'ancien concessionnaire de la chaufferie, la société Climadef, d'échapper aujourd'hui à un procès au tribunal correctionnel ? L'avocat de l'entreprise dément catégoriquement : « Dans ce cas précis, cette loi n'a rien changé, insiste Me Emmanuel Daoud. Si Climadef n'a pas vu sa responsabilité pénale retenue, c'est parce que l'usine était exploitée conformément à la réglementation et qu'aucune imprudence ou négligence n'a été commise de la part des responsables de la société. Les consignes de sécurité étaient claires et la formation du personnel au point. » Une action encore possible au civil Les responsables de la société ont toujours soutenu que l'équipe responsable de la fausse manœuvre est « sortie de son rôle et des procédures habituelles ». « Si la porte est désormais fermée au niveau pénal, il reste encore la possibilité d'engager une action au civil et d'obtenir des indemnisations », indique de son côté Me Caty Richard, qui a choisi de défendre la maman de la petite Sarah. L'avocat de la société Climadef précise quant à lui que l'ex-concessionnaire de la chaufferie « n'a pas attendu de procès au civil pour indemniser 98 % de celles et ceux qui ont subi un préjudice suite à l'explosion ». Frédéric Mouchon
****************
Ceccaldi-Reynaud (UMP) inquiété dans l'affaire du marché public du chauffage de la Défense. Les bureaux de la famille Ceccaldi-Reynaud n'ont plus de secret pour la juge d'instruction Isabelle Prévost-Desprez. Depuis quatre mois, Charles, le père, inamovible maire UMP de Puteaux (Hauts-de-Seine) depuis 1969, a été perquisitionné en sa mairie, en son cabinet d'avocat, en sa résidence secondaire corse et en son bureau du Sénat. Joëlle, la fille, qui a hérité de son siège de député suppléant de Nicolas Sarkozy, vient à son tour de se faire visiter à l'Assemblée nationale. Les descentes judiciaires au Parlement sont rares, la dernière remonte à dix ans (chez Maurice Arreckx, sénateur du Var). Faute de pouvoir s'y opposer, malgré un appel désespéré à la chancellerie, les questeurs ont été réduits à trimballer policiers et magistrats via de discrets couloirs pour éviter d'attirer l'attention des curieux. Trio baroque. Les enquêteurs, en charge d'une affaire de corruption présumée concernant la concession du chauffage de La Défense, ont déniché un virement suspect de 750 000 euros au Luxembourg en 2002, au moment de l'attribution de ce marché public par le syndicat intercommunal (Sicudef), à cheval sur Puteaux, Courbevoie et Nanterre, présidé par Charles Ceccaldi-Reynaud. Un pilote d'hélicoptère a aussi fait état d'un déplacement concomitant au Grand-duché de certaines huiles. Interrogé par Libération, Charles Ceccaldi-Reynaud dément tout envol personnel : «Ni pendant la durée de l'appel d'offres, ni avant, ni après, je n'ai embarqué dans un hélicoptère. D'ailleurs, ce ne serait pas recommandé par l'état de mes coronaires.» Mais il lui revient qu'«une rumeur de déplacements aéroportés en Suisse et au Luxembourg» a couru lors du rachat de l'ex-concessionnaire, «le jour de la signature». Le chauffage et la climatisation de La Défense (trois millions de mètres carrés de bureaux) ont longtemps été assurés par une filiale de Charbonnages de France (CDF), Climadef. En 2001, CDF l'a cédée à un trio baroque, composé de Bernard Forterre, ancien n° 3 de Vivendi et ennemi juré de Jean-Marie Messier, Jean Bonnefont, président de Climadef rétif au départ en retraite, et Laurent Gimel, intermédiaire en Indonésie de Lagardère ou Dassault. Ils doivent débourser 75 millions d'euros. Débarque alors Alain Afflelou. Quoique très près de ses sous, le lunetier se laisse parfois tenter par des montages risqués entre amis. En gros, Afflelou prête à Gimel, lequel prête à Forterre et Bonnefont, lesquels doivent finalement rester seuls maîtres à bord après remboursement. On songe immanquablement à l'affaire du Fondo, quand il s'était fait plumer dans les projets chimériques de l'homme d'affaires Charlie Chaker. Tchin-tchin : Afflelou peine derechef à se faire rembourser. L'expérience aidant, il s'est cette fois couvert par des nantissements sur l'usine de chauffage, dont il est aujourd'hui l'actionnaire virtuel. Confidences. Lors de l'appel d'offres, le trio est doublement candidat : sous sa casquette initiale, la société Enerpart constituée pour l'occasion, et, sous la casquette Climadef, héritière des réserves de l'ex-concessionnaire (100 millions de francs), rachetée entre-temps. Le préfet valide la procédure. Car d'autres candidats, des grands du secteur comme Vivendi ou GDF, ont fait pareil. Forterre, de retour aux affaires après son éviction par J2M, voit dans la polémique un règlement de comptes. Les soupçons de corruption sont apparus avec les confidences d'un intermédiaire initialement chargé de trouver un repreneur pour Climadef. Selon lui, Bonnefont et Forterre ses clients de l'époque se «prévalaient de leurs relations privilégiées avec le concédant», au point de garantir : «Aucun, ou très peu de risques de non renouvellement.» Pour Forterre, cet intermédiaire n'est qu'un «imprécateur qui nous réclame des honoraires indus». Mais il semble avoir l'oreille des enquêteurs. Renaud LECADRE **************** Le Monde , vendredi 30 avril 2004
LA JUGE du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) Isabelle Prévost-Desprez a mené une nouvelle opération spectaculaire, vendredi 9 avril. La magistrate a conduit une perquisition à l'Assemblée nationale, dans le bureau occupé par Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Mme Ceccaldi-Raynaud siège depuis le printemps 2002 à l'Assemblée en lieu et place de Nicolas Sarkozy - qui venait d'être nommé ministre de l'intérieur -, dont elle était la suppléante, dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, lors des dernières élections législatives. Le 10 février, Mme Prévost-Desprez avait mené une perquisition au Palais du Luxembourg, dans le bureau du sénateur (UMP) et maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, le père de la députée. La juge s'était auparavant rendue, le 14 janvier, à la mairie de Puteaux. Elle avait saisi plusieurs agendas dans le bureau du maire, de même que dans le bureau de la première adjointe, qui est la fille de M. Ceccaldi-Raynaud. Maire de Puteaux depuis 1969, Charles Ceccaldi-Raynaud, âgé de 78 ans, est un proche de Nicolas Sarkozy. Il l'avait remplacé à l'Assemblée nationale entre 1993 et 1995, lorsque ce dernier était ministre du budget. La juge Prévost-Desprez instruit deux enquêtes susceptibles d'inquiéter le maire de Puteaux, en sa qualité de président du Syndicat de chauffage urbain de la Défense (Sicudef), qui regroupe les communes de Courbevoie, Nanterre et Puteaux. La première, ouverte mi-2002 pour "corruption" à la suite d'un rapport de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), recoupe la seconde, déclenchée début 2003 pour "abus de biens sociaux" et qui s'est essentiellement nourrie des déclarations d'un conseiller financier basé au Luxembourg. Selon les enquêteurs, certains marchés passés par le Sicudef l'auraient été en contravention avec les procédures d'appel d'offres et pourraient avoir donné lieu au versement de commissions occultes. Fabrice Lhomme **************** Le Parisien , mercredi 31 mars 2004
CERTAINS arborent des rubans blancs, d'autres ont accroché des ballons de la même couleur sur la poussette de leur enfant. Silencieusement, et avec recueillement, le cortège s'étire vers la chaufferie de La Défense, qui avait explosé le 30 mars 1994, provoquant la mort d'un ouvrier de l'usine et d'une fillette âgée de 5 ans, Sarah Rouagh. Dix ans après, les habitants du quartier du Faubourg de l'Arche à Courbevoie et les membres du Comité des riverains anti-centrale (Crac) se sont rassemblés hier soir pour rendre hommage aux victimes de l'explosion. En tête de cette marche silencieuse se tient la maman de Sarah, qui éclate en sanglots en passant devant l'ancien emplacement du pavillon familial, où sa fille est décédée. La maison a disparu depuis longtemps et a été remplacée par un immeuble de onze étages derrière lequel on distingue la centrale. L'usine, reconstruite à la hâte après l'explosion, vient de bénéficier d'une autorisation d'exploitation définitive accordée par le préfet des Hauts-de-Seine. Ce qui ne manque pas d'interpeller les riverains. « Depuis la cour d'école de ma fille, je vois tous les jours cette usine » « En tant que maman et habitante du quartier, je me sens évidemment concernée, explique Anne, mère de deux enfants. Depuis la cour d'école de ma fille, je vois tous les jours cette chaufferie. » « Il est aberrant d'avoir construit ce quartier si près de cette usine », estime Cécile. Fouzia, elle, a préféré déménager. « Nous vivions à dix mètres du site et, pour moi, le risque zéro n'existe pas. » « Aujourd'hui, aucune école de ce quartier n'a de plan d'urgence en cas de problème », dénonce Michel Dupuy, le président du Crac. Il est 18 h 45. Le cortège arrive devant les portes de l'usine mais la maman de Sarah préfère rester en retrait. La douleur et la peine, qui ne se sont jamais éteintes depuis dix ans, sont brusquement ravivées par le souvenir de l'explosion. Madeleine n'a pas oublié cette nuit d'horreur, les « carreaux cassés, la véranda par terre, tous les gens du quartier dehors et les déménagements qui se sont précipités » au lendemain du drame. « C'est insensé d'avoir construit tant de bâtiments juste à côté de cette usine », clame cette ancienne du quartier. « Il y a dix ans, ici, ce n'était que des pavillons, mais imaginez si un tel drame recommençait aujourd'hui... avec tous ces immeubles qui ont été construits, fustige Naziha Rouagh, la mère de la petite Sarah. Le fait que les gens soient venus aujourd'hui prouve en tout cas que beaucoup n'ont pas oublié ce drame. » Juste avant de tourner le dos à la centrale, le cortège respecte une minute de silence et finit par déposer un bouquet de fleurs en hommage à Sarah sur la porte de l'usine. Frédéric Mouchon **************** Le Parisien , mercredi 03 mars 2004
DIX ANS après l'explosion de la chaufferie de La Défense, qui avait provoqué le décès d'un ouvrier de l'usine et d'une fillette âgée de 5 ans, le magistrat chargé de l'enquête a enfin bouclé son instruction. Une audience réunissant les avocats de la partie civile et des personnes mises en examen aura lieu le 17 mars devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles. A l'issue de ce rendez-vous déterminant, les juges statueront sous une quinzaine de jours : on saura si un non-lieu est prononcé ou si l'affaire est renvoyée devant le tribunal correctionnel. L'erreur humaine semble admise L'hypothèse du non-lieu donne des sueurs froides à Naziha Rouagh, la mère de Sarah, décédée des suites de l'explosion (voir ci-dessous) . « Au niveau humain, ce serait scandaleux », renchérit de son côté Joëlle Paris, qui milite depuis des années contre la présence de la chaufferie dans le quartier du Faubourg-de-l'Arche, à Courbevoie. Totalement détruite en mars 1994, l'usine avait été reconstruite à la hâte et a été depuis totalement rénovée. Mais il n'a jamais été question de la déplacer. Et la centrale, qui vient d'obtenir de la préfecture une autorisation définitive d'exploitation, continue à alimenter en chauffage et en climatisation le quartier d'affaires de La Défense. Au lendemain du drame, une juge d'instruction de Nanterre avait été chargée du dossier. Mais après plusieurs années de procédure, d'expertises et de contre-expertises, la magistrate avait été dessaisie au profit d'un de ses collègues de la cour d'appel de Versailles. Dix ans après, la thèse de l'erreur humaine semble admise : la fausse manœuvre d'un des ouvriers de l'usine sur la goupille de sécurité d'une vanne de gaz aurait provoqué l'explosion. Restait dès lors à déterminer la responsabilité du concessionnaire de la chaufferie, la société Climadef. Mis en examen, l'ancien patron de l'entreprise, Jean Bonnefont, affirme qu'il n'avait « aucun moyen d'empêcher l'accident qui a eu lieu ». La société continue à soutenir que « les consignes à suivre étaient claires », mais que l'équipe qui a effectué la fausse manœuvre est « sortie de son rôle et des procédures habituelles ». « Il n'y a pas eu de la part de Climadef de violation délibérée d'une obligation particulière de sécurité, insiste son avocat. Il n'y a pas eu de négligence non plus. » Le parquet a déjà bouclé ses réquisitions, et l'hypothèse d'un non-lieu n'est désormais pas exclue. « Depuis les faits, une nouvelle loi a été votée concernant la responsabilité pénale des auteurs indirects de dommages qui rend beaucoup plus compliquée la démonstration d'une infraction involontaire », souligne un magistrat de Versailles. Mais pour Andrée Pinson, présidente de l'association Sarah Rouagh, qui apporte son soutien à la maman de la fillette, classer le dossier serait catastrophique : « Si un non-lieu était prononcé, ce serait comme si l'on niait le décès de cette petite fille et la souffrance qu'endure sa famille depuis dix ans. » Frédéric Mouchon **************** Le Parisien , mercredi 03 mars 2004
PRATIQUEMENT tous les dimanches depuis dix ans, Naziha se rend sur la tombe de sa fille Sarah. L'enfant est décédée à l'âge de 5 ans dans l'effondrement du pavillon familial, situé à l'époque à quelques mètres de la chaufferie. Profondément marquée par cette disparition, Naziha vit depuis l'explosion dans l'attente - devenue interminable - d'un procès. « Je veux que la justice reconnaisse qu'il y a eu une faute et désigne un responsable », insiste la maman. Naziha craint évidemment par-dessus tout qu'un non-lieu soit prononcé. « Pour moi, ce serait comme tuer ma fille une deuxième fois. J'ai perdu un enfant qui n'avait rien demandé à personne et il n'est pas question pour moi de baisser les bras. J'ai déjà attendu dix ans et je suis prête à poursuivre encore le combat pendant des années s'il le faut. » F.M. **************** Le Parisien , mardi 02 mars 2004
UNE DIZAINE d'élus et de sympathisants Verts du département se sont rendus, hier, en cortège, aux abords de la chaufferie de La Défense pour dénoncer les risques industriels que ce type d'installation fait courir aux populations. Arborant sous un soleil radieux des parapluies verts, symbolisant le principe de précaution, les militants écolos comptaient, à leur tête, Francine Bavay, tête de liste Verts-PS-PRG des Hauts-de-Seine sur la liste régionale de Jean-Paul Huchon. « On ne peut jamais échapper à tous les risques, mais il faut les maîtriser au maximum et je milite pour que l'on se débarrasse le plus vite possible de cette centrale au profit d'unités plus petites dont l'activité pourrait être stoppée plus facilement en cas de problème », explique la candidate. Le site industriel de Courbevoie alimente actuellement 2 700 000 m² de bureaux à La Défense et 9 800 logements. **************** Le Parisien , dimanche 29 février 2004
A l'approche des élections, la chaufferie de La Défense est plus que jamais dans le collimateur des écologistes. Pour dénoncer « les risques industriels que ce type d'installation fait courir aux habitants », la tête de liste Verts-PS-PRG des Hauts-de-Seine aux élections régionales, Francine Bavay, conduira demain après-midi un cortège d'élus locaux arborant tous un parapluie vert. La manifestation se terminera aux abords de la centrale, située près du faubourg de l'Arche à Courbevoie. **************** Libération, mardi 27 janvier 2004.
L'enquête concerne le marché public du chauffage de la Défense. La justice s'intéresse à Charles Ceccaldi-Reynaud, sénateur-maire (UMP) de Puteaux, ancien député suppléant de Nicolas Sarkozy. Une information judiciaire pour corruption, ouverte en juillet 2002, sommeillait au tribunal de Nanterre avant que la juge Isabelle Prévost-Desprez, fraîchement promue, ne la réveille subitement, perquisitions à la clé. Elle vise le marché public du chauffage de La Défense (2,8 millions de mètres carrés de bureaux). Ceccaldi-Reynaud l'a accordé en tant que président du syndicat intercommunal (Sicudef), structure à cheval sur Puteaux, Courbevoie et Nanterre. Lors de son renouvellement, en 2001, la Direction de la concurrence (DGCCRF) avait transmis ses doutes au parquet, certains candidats ayant endossé plusieurs casquettes. Mais il est surtout question d'une cagnotte de 100 millions de francs, dont la destination finale fait fantasmer. A l'origine, l'usine de chauffage de La Défense était gérée par une filiale à 50 % de Charbonnages de France (CDF), Climadef. Outre que CDF était dans une logique de liquidation de tous ses actifs, sa concession de vingt-cinq ans à La Défense prenait fin en août 2002. Mais son patron, Jean Bonnefont, malgré ses 65 ans, n'entendait pas lâcher prise. Il fait alors tandem avec Bernard Forterre, ancien n° 3 de Vivendi débarqué par Jean-Marie Messier, qui piaffe de revenir aux affaires. Le tandem Bonnefont-Forterre devient trio avec le renfort de Laurent Gimel, intermédiaire en Indonésie de Lagardère ou Dassault. Ils sont candidats sous leurs propres couleurs, via la société Enerpart créée à cet effet, mais rachètent parallèlement Climadef, candidat à sa propre succession. D'où leur double casquette qui fait alors jaser. L'intérêt d'une double candidature, au nom de l'ancien et d'un futur concessionnaire, réside dans les réserves pour fin de concession les fameux 100 millions enregistrés dans les caisses de Climadef. En fin de parcours, un concessionnaire est censé remettre les équipements en bon état de marche. Pour s'en assurer, il doit constituer progressivement des provisions en cas de travaux à effectuer. Dans l'usine de chauffage de La Défense qui avait explosé en 1994, il y avait du boulot. L'intérêt du trio était d'être désigné en tant que nouveau concessionnaire, tout en récupérant la cagnotte de l'ancien. Des documents de travail laissent entendre que le trio se disait sûr de gagner sur les deux tableaux, compte tenu de ses relations étroites avec les décideurs locaux. Bernard Forterre et Charles Ceccaldi-Reynaud rétorquent que le marché a été accordé à l'unanimité des élus du Sicudef et que le préfet des Hauts-de-Seine n'avait rien trouvé à redire. Et Forterre assure que les 100 millions ont bel et bien été réinvestis dans l'usine plutôt que dans un éventuel compte bancaire au Luxembourg. Renaud LECADRE **************** Communiqué de presse des Verts Courbevoie - Nanterre, samedi 10 janvier 2004.
RISQUE DE LÉGIONELLOSE AUX ALENTOURS DE LA DÉFENSE MENACE SUR LA SANTÉ DE PLUS DE 180 000 PERSONNES EXIGEONS LE REMPLACEMENT DES TOURS AERO-REFRIGERANTES « OUVERTES » Une fois de plus une épidémie de légionellose occupe le devant de la scène médiatique et pose le problème de la sécurité sanitaire des riverains d’installations industrielles. La contamination massive de la région de Lens est caractéristique à plusieurs titres des déplorables lacunes françaises en matière de gestion du risque industriel : Les Verts Courbevoie contact : Joëlle Paris, candidate aux élections cantonales : 01.46.91.08.80. Les Verts Nanterre contact : Estelle Le Touzé : 01.47.25.16.51 **************** Le Parisien, mardi 7 octobre 2003
Les Verts dénoncent le maintien de la chaufferie Alors que le préfet doit se prononcer d'ici peu sur l'autorisation définitive d'exploiter la chaufferie de la Défense, les Verts dénoncent le maintien de l'usine dans un quartier "où vivent 15 000 personnes" à Courbevoie. " Malgré l'explosion mortelle de cette même centrale en 1994, qui avait fait deux morts et 58 blessés, c'est sans tenir compte du principe de précaution qu'on été construits à proximité même trois groupes scolaires, une maison de retraite médicalisée, plusieurs haltes-garderies et crèches, une résidence pour étudiants ainsi qu'un gymnase", souligne le groupe Verts des Hauts-de-Seine. Dénonçant "la fuite en avant des pouvoirs publics", ils affirment par ailleurs que le conseil général "n'a pas hésité à se prononcer pour la construction d'un futur centre de protection maternelle et infantile à une centaine de mètres de la centrale". Les Verts réclament le "déplacement de l'usine dans une zone à vocation industrielle". **************** Le Parisien, lundi 08 septembre 2003
Enfin un soutien pour les victimes de la chaufferie NEUF ANS que Naziha Rouagh tente, en vain, de faire le deuil de son enfant. Neuf ans que cette mère de famille de Courbevoie revoit en cauchemar cette nuit de mars 1994 qui a emporté sa petite Sarah, âgée de cinq ans. La fillette a perdu la vie suite à l'explosion de la chaufferie de La Défense, située à quelques pas du pavillon familial. Neuf ans plus tard, l'usine a été reconstruite sur place et le préfet doit se prononcer d'ici peu sur son maintien définitif dans le quartier du Faubourg-de-l'Arche. Mais Naziha, elle, vit toujours dans l'attente interminable d'un procès qui n'arrive pas. Pour l'aider à sortir de l'anonymat, la Confédération syndicale des familles et la présidente du Collectif des riverains anti-centrale (Crac) ont décidé de créer l'association Soutien à la famille Rouagh, dont l'assemblée constitutive est prévue ce soir. « L'enquête est au point mort, madame Rouagh et la petite sœur de Sarah ne peuvent pas faire leur deuil et ne connaissent pas de répit, constate Joëlle Paris, du Crac. Pour la justice, pour le repos de la petite Sarah et pour que sa famille puisse tourner cette terrible page, nous appelons toutes les bonnes volontés.» Un relais pour « lever des fonds, payer un avocat et secouer la justice »
Pour
Naziha Rouagh, le lancement de cette association arrive comme une
bouffée d'oxygène après des années d'un pesant silence de la
justice. « C'est très important de se sentir écoutée et soutenue,
confie la mère de Sarah. Ne pas être toute seule peut m'aider
moralement à surmonter la douleur. » Mais outre l'appui psychologique,
l'association se veut surtout un relais pour « lever des fonds, payer
un avocat et secouer la justice ». « Laisserons-nous la famille Rouagh
passer seule le cap des dix ans de deuil dans l'abandon ? » interroge
l'une des membres de cette nouvelle association. « Jusqu'à maintenant,
j'avais l'impression d'être laissée pour compte, reconnaît Naziha.
Aujourd'hui, j'aurai peut-être davantage de facilités à être tenue
au courant de l'avancée du dossier. Pour moi, c'est l'espoir qui
renaît.»
Frédéric Mouchon ****************
Le
Parisien, lundi 08 septembre 2003
Déjà neuf ans de procédure PLUS de quarante tomes de procédure, une juge dessaisie du dossier au bout de sept ans d'enquête et un procès qui n'arrive toujours pas... l'explosion de la chaufferie de La Défense trouvera-t-elle un jour une issue judiciaire ? Personne ne semble en douter mais nul ne se hasarde à avancer la moindre date. L'affaire est désormais entre les mains d'un magistrat de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Versailles. La longueur de la procédure s'explique notamment par la complexité « technique » du dossier, théâtre d'une féroce bataille d'expertises. Si la thèse de l'erreur humaine semble admise (une fausse manœuvre d'un ouvrier de la centrale sur la goupille de sécurité d'une vanne de gaz aurait provoqué l'explosion), il reste notamment à déterminer les responsabilités précises du concessionnaire de la chaufferie. F.M. **************** Le Parisien, mercredi 25 juin 2003
L'explosion de 1994 toujours pas jugée NEUF ANS que Naziha attend désespérément la fin de l'enquête sur l'explosion de la chaufferie. Neuf ans que cette mère de famille de Courbevoie pleure la mort de sa fille Sarah, décédée lors de cette tragique nuit de mars 1994 sous les décombres du pavillon familial situé à quelques mètres de l'usine. « Démoralisée » par la lenteur de la procédure judiciaire, Naziha a aujourd'hui l'impression d'avoir été « oubliée ». La « fausse manœuvre d'un ouvrier de la centrale sur une chaudière » serait à l'origine de l'explosion. Mais la justice doit en avoir le cœur net et surtout déterminer la responsabilité de la société Climadef, qui était à l'époque concessionnaire de la chaufferie. L'affaire est, du coup, le théâtre depuis plusieurs années d'une féroce bataille d'experts et d'avocats. Et le dessaisissement, en 2001, de la juge initialement chargée de l'enquête n'a fait que repousser de plusieurs mois la date du procès. C'est désormais un magistrat de la chambre de l'instruction de Versailles qui a hérité de la quarantaine de tomes de procédure. F.M. **************** Le Parisien, mercredi 25 juin 2003
La chaufferie de La Défense joue la transparenceLES RISQUES D'INCENDIE et d'explosion, la filtration des fumées, le périmètre de protection... En organisant, hier matin, une visite au cœur de la chaufferie de La Défense, les responsables de l'usine s'attendaient évidemment à être interrogés sur les mesures de sécurité mises en place pour protéger les riverains de l'usine et l'environnement. Teint hâlé, sourire aux lèvres, Philippe Brière, le directeur général de la société Enertherm, nouveau concessionnaire de l'usine depuis le mois de septembre, s'est prêté de bonne grâce au jeu des questions avant d'inviter à découvrir les entrailles de la chaufferie. « Nous n'avons pas à rougir de cette installation, estime le patron du site. Toutes les conditions de sécurité exigées par le préfet ont été respectées et pas moins de trois études de risques ont été effectuées ces derniers mois. Ces démarches vont dans le bon sens car elles nous poussent à être encore meilleurs. » Si Enertherm se soumet à cette batterie de contrôles, c'est notamment à la demande du préfet qui doit décider d'ici deux ou trois mois d'accorder ou non à l'entreprise l'autorisation définitive d'exploiter le site (lire encadré). De nombreux dispositifs de sécuritéEn attendant, Enertherm joue la transparence. Une visite du site a été organisée en février dernier pour les habitants riverains de l'usine. Et un site Internet (www.enertherm.fr) a vu le jour. « Je m'engage tous les mois à y répondre aux questions des gens », indique Philippe Brière. Après l'explosion du site en 1994, qui avait provoqué deux morts, l'objectif du nouveau concessionnaire est clairement de rassurer. De la salle de contrôle où tout est piloté par ordinateur aux cuves de fioul, le visiteur est invité à pousser toutes les portes. On apprend ainsi que 2 300 tonnes de fioul lourd sont stockées ici en permanence. « Le fioul lourd peut brûler mais n'explose pas, assure le responsable des services techniques d'Enertherm en dévoilant les quatre immenses cuves de dix mètres de haut où est confiné le combustible. Les murs de béton peuvent par ailleurs résister au feu pendant quatre heures. » Les locaux sont en outre équipés de nombreux dispositifs de sécurité : détecteurs de fumées et de flammes, caméras de surveillance, système de mousse permettant d'étouffer un départ de feu, etc. Si la démonstration fait forcément mouche auprès de visiteurs inexpérimentés, il appartient désormais aux services préfectoraux, spécialistes des installations classées, de dire si toutes ces précautions sont suffisantes. La préfecture doit décider, d'ici trois mois, si elle accorde à Enertherm l'autorisation définitive d'exploiter la chaufferie. Frédéric Mouchon
**************** Le Parisien, jeudi 12 juin 2003
Prudence sur la chaufferieContrairement aux élus de Courbevoie qui se sont unanimement prononcés contre la demande d'exploitation définitive de la chaufferie de La Défense, en bordure du quartier du faubourg de l'Arche, le conseil municipal de Puteaux n'a pas adopté de position tranchée sur la question. Soulignant que « les autorisations demandées sont de la responsabilité de la préfecture », Puteaux a simplement émis l'avis « que soient prises toutes les mesures appropriées en vue d'assurer la sécurité des personnes et des biens à proximité du site ». Prudents, les élus de la majorité de Puteaux rappellent néanmoins que « ce n'est pas l'implantation de la chaufferie sur le terrain d'Alençon qui constitue un fait nouveau mais la construction à proximité de ce terrain de nombreux immeubles d'habitation et de bureaux tous bâtis après l'explosion de l'usine » (NDLR : en 1994). **************** Le Parisien, lundi 09 juin 2003
« Il faut arrêter les constructions à proximité »«LA CHAUFFERIE fonctionne aujourd'hui dans un environnement qui a changé : il y a en bordure du site des logements HLM et des écoles. Nous vous demandons donc de surseoir aux permis de construire et d'arrêter les projets actuels de construction à proximité de l'usine. » Cette demande a été une nouvelle fois formulée hier par les élus de l'opposition de Courbevoie. Déjà interpellé sur le même sujet en octobre 2001, le maire de la ville, Jacques Kossowski, avait alors opposé un argument juridique : « La délivrance ou le refus d'accorder un permis de construire ne dépend pas de ma simple volonté, mais de la conformité de ce permis aux prescriptions légales et réglementaires en matière d'urbanisme (…). Un maire ne peut refuser d'accorder un permis de construire au nom du principe de précaution. » F.M. **************** Le Parisien, lundi 09 juin 2003
Courbevoie réclame davantage de garanties sur la chaufferie«DANS CE DOSSIER, il y a quelques points que nous voulons éclaircir pour que tout soit transparent et qu'il n'y ait absolument aucune zone d'ombre. » La réflexion de ce conseiller municipal de Courbevoie résume la position de prudence que viennent de prendre les élus de la ville, appelés à se prononcer sur la demande d'autorisation définitive d'exploiter la chaufferie de La Défense, située dans le quartier du faubourg de l'Arche et gérée depuis le mois de septembre par une nouvelle société, l'entreprise Enertherm. Les élus ont décidé à l'unanimité de voter contre cette demande d'autorisation. En justifiant leur position par les conclusions d'un rapport commandé par la ville au bureau Veritas. Les experts étaient notamment chargés de faire l'analyse critique de l'étude de danger, obligatoire pour exploiter une installation classée.
S'ils
jugent globalement cette « étude correcte », ils estiment en
revanche qu'une « étude complémentaire devrait être conduite »
concernant les installations produisant le froid, l'usine délivrant
à la fois de la chaleur et de la climatisation. Veritas insiste par
ailleurs sur le fait que les « distances d'effet d'une éventuelle
explosion devront être prises en compte dans la maîtrise de
l'urbanisation » autour du site industriel. Alors que les élus de
majorité de Puteaux ont donné jeudi soir leur accord à une
autorisation d'exploiter la centrale, les élus de Courbevoie ont
préféré, semble-t-il, jouer la carte de la prévention. « Il
s'agit pour nous d'obtenir le maximum de garanties en matière de
sécurité et nous attendons désormais que le commissaire-enquêteur
réponde aux remarques et interrogations posées par le rapport de
Veritas », a précisé hier le maire de Courbevoie, Jacques
Kossowski. Les avis des deux communes seront versés au dossier du
commissaire-enquêteur chargé de remettre d'ici à fin juin les
conclusions de son enquête publique au préfet. Dans ce dossier
sensible (NDLR : la centrale de Courbevoie avait explosé en 1994 et
provoqué la mort de deux personnes) , la décision finale reviendra
au représentant de l'État dont la décision pourrait intervenir en
septembre.
|
|
|
Quels que soient les résultats de l'enquête publique, de nombreux riverains souhaiteraient que la chaufferie soit déplacée « dans une zone industrielle et non dans un quartier où résident aujourd'hui plus de 15 000 personnes » .
ALORS QUE L'AVENIR de la chaufferie de la Défense est en train de se jouer, les riverains restent inquiets. L'enquête publique, qui doit permettre de dire si oui ou non la centrale pourra bénéficier d'une autorisation définitive d'exploitation (lire encadré) , doit s'achever jeudi prochain. Avant cette échéance, le Comité des riverains anti-centrale (Crac) appelle les habitants du quartier Faubourg de l'arche, où sont situées les installations, à se mobiliser lors des deux derniers rendez-vous organisés avant la fin de l'enquête publique. Une première réunion est prévue pour demain matin de 9 heures à midi à la mairie de Courbevoie. Le commissaire enquêteur y recueillera les derniers avis des riverains avant de procéder à son rapport. Un autre rendez-vous important est prévu pour lundi soir. Dans les locaux mêmes de la centrale, rue d'Alençon, à Courbevoie, l'exploitant, la société Enertherm, devrait directement répondre aux questions des riverains. « Nous ne connaissons pas les plans de secours et d'évacuation » « Malheureusement, lundi, il ne s'agit pas d'une vraie réunion publique, puisque les gens doivent auparavant s'inscrire, regrette le Crac. Mais il faut que les gens viennent nombreux pour pouvoir exprimer leurs inquiétudes », souligne Joëlle Paris, la présidente du Crac, qui, depuis quelques jours, multiplie la distribution de tracts pour informer la population du quartier sur les enjeux du dossier. En effet, l'association, qui ne cesse depuis des mois de dénoncer les risques liés au fonctionnement de cette centrale, déplore le manque de concertation et d'information du public. « Si, dans l'étude de danger, les risques d'une explosion sont pris en compte, nous ne connaissons absolument pas les plans de secours et d'évacuation qui ont été élaborés. Même les directeurs des écoles du coin ne semblent pas au courant », indique Joëlle Paris. Autre réserve exprimée par l'association : l'absence de prise en compte du risque sanitaire lié au fonctionnement des tours aéro-réfrigérantes. Le commissaire enquêteur devra remettre son rapport dans les quinze jours suivant la clôture de l'enquête. Au vu des conclusions, l'exploitant de la chaufferie devra revoir sa copie afin que la préfecture, qui n'est pas liée par l'avis du commissaire, décide d'accorder ou non une autorisation définitive d'exploitation. Autorisation ou pas, une seule mesure serait raisonnable aux yeux du comité de riverains : « Le déplacement de l'usine dans une zone industrielle et non dans un quartier où résident aujourd'hui plus de 15 000 personnes. »Autorisations provisoires à répétition
DEPUIS L'EXPLOSION de la centrale en 1994, qui avait causé la mort de deux personnes, la chaufferie de la Défense fonctionne avec des autorisations d'exploitation provisoires renouvelées tous les deux ou trais ans par la préfecture. Pourtant, selon la loi sur les installations classées, les autorisations provisoires ne doivent être qu'exceptionnelles. Le 31 août dernier, la dernière autorisation arrive à échéance et la préfecture décide de ne pas renouveler au nouveau concessionnaire, la société Enertherm, qui à repris entre-temps l'exploitation des installations, les dé-rogations. Résultat : le 1er septembre la chaufferie est arrêtée et près de 100 000 personnes sont privées de chauffage pendant quatre jours. Si la chaufferie redémarre grâce à un mic mac administratif la société Enertherm a dû compléter son dossier. L'étude de danger, remise par l'exploitant fait l'objet d"une contre-expertise ordonnée par le préfet. L'enquête publique est finalement lancée 22 avril dernier. C'est au vu des conclusions du commissaire en-quêteur que le représentant de l'État décidera d'accorder un feu vert d'exploitation, cette fois définitif. Réponse d'ici à quelques mois.
Solange Gelblat
****************
Le Parisien, mardi 28 janvier 2003
|
|
****************
Libération, lundi 09 septembre 2002
|
|
Sous la pression des élus, la chaufferie de la Défense a repris son activité.
L 'état de nécessité et la pression des élus ont prévalu sur le respect des règles de sécurité qui régissent les établissements «classés», c'est-à-dire considérés comme dangereux pour l'environnement et les riverains. Depuis jeudi, l'immense chaufferie de la Défense (Hauts-de-Seine) qui alimente en eau chaude 30 000 foyers des communes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre a repris ses activités. Les habitants ont retrouvé leur confort après quatre jours de douches froides.Sur le fond, rien n'est réglé. La deuxième chaufferie de France par sa puissance fonctionne depuis huit ans à coups d'autorisation provisoire. Et une nouvelle dérogation a été arrachée au préfet des Hauts-de-Seine la semaine dernière, pour lui permettre de repartir. Charles Ceccaldi-Raynaud, sénateur maire RPR de Puteaux, Jacqueline Fraysse, députée maire PCF de Nanterre, et Jacques Kossowski, député maire UMP de Courbevoie, ont mis tout leur poids dans la balance. Pour infléchir la position du préfet, ils ont multiplié les interventions auprès du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Et organisé une manifestation d'habitants-électeurs, exaspérés par l'arrêt de la chaufferie (Libération du 3 septembre).
2 morts et 58 blessés.
Dans ce dossier, pourtant, la vigilance n'est pas un luxe : l'installation a déjà explosé en 1994, faisant 2 morts et 58 blessés. «A ce jour, l'enquête judiciaire n'a toujours pas été bouclée et les causes de l'accident comme les responsabilités éventuelles ne sont toujours pas définies», relève l'association Crac, un collectif des riverains voisins de la chaufferie, située sur le territoire de la commune de Courbevoie. Une inquiétude qu'écarte d'un tour de bras le maire de Courbevoie, Jacques Kossowski. «Cette chaufferie a fonctionné comme cela jusqu'au 31 août. Pourquoi, à partir du 1er septembre (date de l'expiration de la précédente autorisation provisoire, ndlr), serait-elle soudainement devenue dangereuse», argumente-t-il. Plus grave pourtant, depuis l'accident de 1994, tout un quartier d'habitat, regroupant près de 3 000 logements, a été construit autour de l'installation sur d'anciens terrains vagues. Cinq immeubles HLM et une résidence étudiante ont même été édifiés à une vingtaine de mètres de ce site classé dangereux. «Aucun promoteur n'aurait acheté ces parcelles. On y a donc mis des HLM. Accessoirement, ces bâtiments accolés les uns aux autres servent à masquer l'usine», analyse Claire Bernier, vice-présidente de Crac. Effectivement, depuis les rues environnantes la centrale devient invisible. Et une résidence de personnes âgées et une autre d'étudiants doivent bientôt compléter le dispositif d'encerclement. Ce jeu de cache-cache permet aux promoteurs de vendre leurs programmes sur des parcelles voisines sans que la présence de l'usine vienne nuire à leurs transactions. «A l'association, nous avons rencontré des gens qui ont acheté des appartements sans se rendre compte qu'il y avait cette chaufferie à quelques centaines de mètres de chez eux. Ils la découvrent après leur installation dans le quartier», poursuit Claire Bernier. Récemment, un couple d'acquéreurs a fait appel à un avocat pour tenter de faire annuler une promesse de vente signée avec un promoteur.
Bon chemin.
La présence d'une telle usine dans une zone d'habitat dense et la récente catastrophe de Toulouse ont sans doute convaincu Jean-Marc Rebière, le préfet des Hauts-de-Seine, de vouloir remettre l'installation dans le bon chemin réglementaire. La dernière autorisation provisoire en date expirant le 31 août 2002, le représentant de l'Etat avait pris les devants. Dès octobre 2001, il avait indiqué aux élus et à la société Enertherm (qui exploite l'installation) que la délivrance d'une autorisation définitive exigeait un délai de neuf mois. Le temps de mener une enquête publique, de procéder aux analyses des études de danger et de demander l'avis du conseil départemental d'hygiène. La société Enertherm aurait dû fournir à la préfecture un dossier complet au plus tard en janvier 2002. Documents déposés seulement en juin.
Au lieu de soutenir le préfet dans son bras de fer avec un exploitant peu regardant, les élus locaux ont préféré arracher une nouvelle autorisation provisoire qui permet de fournir de l'eau chaude, mais laisse en suspens le volet ayant trait à la sécurité.
Tonino SERAFINI
****************
Le Parisien , vendredi 06 septembre 2002
|
|
Le risque sanitaire est aujourd'hui le plus probable. Personnellement, je ne pense pas que les autres dangers soient très grands. Mais il faut encore en faire la démonstration, c'est-à-dire effectuer des études de danger complètes, qui prennent en compte tous les scénarios, tous les calculs et les paramètres environnementaux. Jusqu'à présent, les études de danger réalisées manquent de méthodologie et s'apparentent le plus souvent à du bricolage !
Peut-on craindre une nouvelle explosion ou un incendie ?
A la différence de 1994, la centrale fonctionne aujourd'hui au fioul lourd et non plus au charbon et au gaz. Le risque d'une explosion est donc beaucoup moins fort, mais celui d'un incendie reste possible. Il faut savoir que 1 400 tonnes de fioul sont stockées, c'est énorme.
Quelles seraient les conséquences d'un incident ?
C'est très difficile à dire parce que, encore une fois, les études de dangers sont incohérentes. Les trois études réalisées depuis 1994 ont été jugées mauvaises par les commissaires-enquêteurs. Donc personne n'est vraiment capable de dire si, en cas d'incendie, il n'y aura pas de mort dans un rayon de 60 mètres.
Propos recueillis par S.G
****************
Le Parisien , vendredi 06 septembre 2002
|
|
![]() |
| CHAUFFERIE DE LA DEFENSE, AVANT HIER. Même si le retour de l'eau chaude dans leurs foyers satisfait les usagers, les riverains aimeraient bien être informés des risques réels encourus à proximité de la centrale. (LP) |
L'eau chaude est revenue hier matin, mais les riverains de la chaufferie ne sont pas rassurés pour autant. La centrale est-elle vraiment sûre ? Et si une explosion se produisait dans cet environnement très urbanisé ?
L'EAU CHAUDE est revenue hier matin, mais une autre inquiétude tenaille désormais les esprits : la chaufferie de La Défense est-elle vraiment sûre ? Certes, après quatre jours de douche froide, les riverains sont ravis de ce retour à la normale et ne le cachent pas. «Il aurait été franchement indécent d'être pris en otage encore plus de temps. Ce n'était pas à nous, usagers, de payer les conséquences des manquements de l'exploitant et de la position de l'
État dans cette affaire», martèle Philippe, habitant de Courbevoie. Mais beaucoup restent vigilants. Car le bras de fer entre le préfet et le concessionnaire Enertherm au sujet de l'autorisation d'exploitation a fait revenir à la surface une autre inquiétude : les risques liés au fonctionnement des installations en milieu très urbanisé. La centrale, qui avait explosé en 1994, causant la mort de deux personnes, est située dans un quartier où les immeubles, ces dernières années, n'ont cessé de sortir du sol. A Courbevoie, le faubourg de l'Arche compte aujourd'hui 9 000 habitants et devrait à terme accueillir près de 15 000 personnes. Si l'étude de danger remise dernièrement par Enertherm dans son dossier semble plutôt rassurante (voir encadrés), bien des interrogations demeurent. «Après huit ans d'autorisations provisoires, tout un mic-mac administratif pour que la chaufferie redémarre, comment croire que tout est aux normes ? » soupire Dominique Fouquet. Ce gardien d'un immeuble de la rue des Étudiants, à proximité immédiate de la centrale, se plaint aussi d'un manque d'informations : «Personne ne nous a jamais dit ce qu'on risquait en cas d'accident.»Une expertise concernant les tours de refroidissement
A côté de la crainte d'une nouvelle explosion ou d'un incendie, les riverains s'inquiètent également du risque sanitaire, et notamment de légionellose. «Si un jour les vapeurs d'eau propulsées par les tours aéro-réfrigérantes (TAR) sont contaminées, alors les bactéries seront disséminées dans tout le quartier», souligne le Collectif des riverains anti-centrale (Crac), qui réclame là aussi que des études de danger soient réalisées. Une demande qui semble avoir été entendue. La préfecture vient de demander à Enertherm de produire une étude d'impact sur les fameuses TAR pour évaluer les risques sur l'environnement.
Solange Gelblat
|
« En cas d'explosion les immeubles ne seraient pas touchés » LA CHAUFFERIE a fait l'objet d'une étude de danger très précise, qui a été transmise le 1er juin dernier à la préfecture. Commandée par Enertherm, le concessionnaire de la centrale, et réalisée par le bureau d'étude Technip, ce document est censé identifier toutes les sources de danger, et analyser tous les scénarios d'accident envisageables, en précisant leur rayon d'action. En l'occurrence, il se montre plutôt rassurant sur les conséquences d'un sinistre dans la centrale. Ainsi le pire scénario serait celui de «l'explosion de la chambre de combustion d'une chaudière». L'autre scénario, moins grave, est celui de l'incendie. «Dans les deux cas, si un accident intervenait, l'étude de danger fourni par Enertherm montre que les immeubles d'à-côté ne seraient pas touchés», indique-t-on en préfecture. Mais ce document ne semble pas avoir satisfait totalement les autorités de tutelle, qui veulent en savoir plus sur ce dossier très sensible. Ainsi le préfet des Hauts-de-Seine a exigé une troisième expertise qui, d'ici quatre à six mois, devra être réalisée sur l'ensemble des risques. |
****************
Le Parisien , mercredi 04 septembre 2002
|
|
POUR LE COMITÉ des riverains anti-centrale (Crac), cette nouvelle affaire relance le débat sur la sécurité de la chaufferie, dont l'explosion, suite à une fuite de gaz, avait fait deux morts en 1994. Le site industriel avait à l'époque été rebâti à la hâte pour assurer le chauffage du quartier d'affaires. L'usine, la seconde en France par sa puissance, fonctionne désormais au fioul lourd à très basse teneur en soufre. Mais les riverains continuent à redouter le pire. Parmi les scénarios catastrophes envisagés par le Crac figurent les risques d'explosion, de projection de débris, de rupture de canalisation ou d'incident lors du déversement ou du stockage du fioul dans les citernes. Leur inquiétude est d'autant plus vive que, depuis six ans, des logements ont poussé à quelques mètres de l'usine et une école a même vu le jour à moins de 150 mètres des cheminées dans le quartier du Faubourg de l'Arche de Courbevoie. Un quartier qui n'en finit pas de s'étendre : les grues continuent en effet à ériger des immeubles à proximité immédiate de la chaufferie. «Ce conflit met au grand jour les problèmes de la sécurité et de l'avenir de l'usine, estime Joëlle Paris, la présidente du Crac. C'est le moment rêvé pour remettre les choses à plat et rebâtir une centrale modèle qui bénéficie des meilleures technologies disponibles». Les riverains réclament d'ailleurs depuis plusieurs mois une «expertise indépendante qui listerait tous les points à prendre en compte en terme de sécurité. Tout repose actuellement sur des études de danger sous-dimensionnées, affirme en outre la responsable du Crac. Et dans la perspective d'une reconstruction, on ne veut pas se contenter d'un simple lifting ! »
F.M
****************
Le Parisien, lundi 02 septembre 2002
|
|
![]() |
| LA DEFENSE. Le bras de fer continue entre la préfecture des Hauts-de-Seine et l’exploitant de la centrale, la société Enertherm. En l’absence d’une autorisation d’exploitation provisoire, cette dernière refuse de redémarrer la chaufferie. (LP/ARCHIVES.) |
LE DOSSIER DE LA chaufferie semble bel et bien se trouver dans l'impasse avec près de 100 000 personnes prises en otages. Depuis samedi minuit, les installations de la centrale sont arrêtées et quelque 30 000 foyers de Puteaux, Nanterre et Courbevoie, ainsi que certains bureaux du quartier d'affaires de La Défense, ne sont plus approvisionnées en eau chaude et en chauffage. Si hier la gêne n'a pas été ressentie grâce à un stock d'eau chaude suffisant, dès ce matin les habitants connaîtront la douche froide. Une situation qui pourrait bien durer au vu du bras de fer engagé entre la préfecture des Hauts-de-Seine et l'exploitant de la centrale, la société Enertherm, concernant l'autorisation d'exploitation (voir encadré). «Si je reprends l'exploitation sans l'autorisation préfectorale, je risque des poursuites pénales», explique Bernard Forterre, le président d'Enertherm.
Solange Gelblat
|
Huit ans d’autorisations provisoires LA CHAUFFERIE pourra-t-elle redémarrer dans un délai raisonnable ? Selon un courrier adressé par la préfecture à une association de riverains, "il est possible de fixer des conditions d’exploitation dans l’attente de la procédure habituelle". En d’autres termes, la machine pourrait être relancée, mais avec de strictes obligations techniques. Depuis l’explosion en 1994 qui avait causé la mort de deux personnes, la chaufferie de La Défense fonctionne avec des autorisations d’exploitation provisoires renouvelées tous les deux ou trois ans par la préfecture. Pourtant, selon la loi sur les installations classées, les autorisations provisoires doivent être exceptionnelles. "Ici, nous en avons eu trois depuis huit ans ! martèle Joëlle Paris, présidente du collectif des riverains anti-centrale. L’État semble enfin avoir le courage de régulariser cette situation et de stopper cette fuite en avant". La dernière autorisation est arrivée à échéance le 31 août 2002, et la préfecture n’a pas donné cette fois-ci un nouveau feu vert à l'exploitant. |
****************
Le Parisien, dimanche 01 septembre 2002
|
100 000 personnes privées d'eau chaude |
LE PRÉFET des Hauts-de-Seine n'est pas très chaud pour s'exprimer sur la chaufferie… En d'autres circonstances, le jeu de mots involontaire aurait de quoi faire sourire. Mais pour les 30 000 foyers, soit près de 100 000 personnes, de Courbevoie, Nanterre et Puteaux qui se retrouvent depuis hier soir, minuit, sans eau chaude, l'heure n'est pas au rire. Bien au contraire. Alimentés habituellement par la chaufferie de La Défense, implantée à proximité du quartier d'affaires, sur la commune de Courbevoie, ces habitants se sont donc vu privés de chaleur, sans en être informés. Une partie des bureaux de La Défense ont également vu leurs circuits d'eau chaude et de chauffage coupés de toute alimentation.
n'est plus autorisé à l'exploiter
La raison d'une telle mésaventure ? La fin de l'autorisation provisoire d'exploitation délivrée par la préfecture à l'exploitant de la chaufferie. Sans ce précieux sésame, le nouveau concessionnaire de la centrale, la société Enertherm, ne peut plus approvisionner les milliers d'immeubles collectifs et autres grands ensembles à sa charge. Pour Joëlle Paris, présidente du Crac (Collectif des riverains anti-chaufferie), cette situation est tout simplement "ubuesque". "C'est incroyable ! Comment peut-on en arriver là alors que ce problème d'autorisation provisoire remonte déjà à 1994 ? peste cette mère de famille dont le foyer est alimenté par la centrale de La Défense. En huit ans, l'État a déjà délivré trois autorisations d'exploitation provisoires. Le propriétaire (NDLR : le Sicudef, un syndicat intercommunal), l'exploitant et la préfecture avaient tout le temps nécessaire pour s'entendre. Aujourd'hui, la préfecture n'a pas voulu reconduire son autorisation, faute de dossier correctement ficelé et présenté dans les temps par le nouvel exploitant, Enertherm. Mais nous comptons obtenir le plus rapidement possible le retour de l'eau chaude. Cette situation n'est pas tenable. Dans le secteur couvert par la chaufferie, il y a plein de jeunes couples avec des enfants en bas âge." Dans un courrier adressé le 29 août au PDG d'Enertherm, le préfet des Hauts-de-Seine rappelle "qu'un délai de neuf mois était nécessaire pour une demande d'autorisation d'exploitation" et "que vous (NDLR : Enertherm) avez estimé ne pouvoir déposer votre demande qu'au 1er juin 2002". Hier soir, une source proche du dossier expliquait que "la coupure d'eau chaude ne pourrait pas durer très longtemps". Un inspecteur des établissements classés sera dès ce matin à la chaufferie afin de permettre au préfet de prendre la décision la plus appropriée.
Stéphane Sellami
****************
Le Parisien, samedi 31 août 2002
|
|
![]() |
| CHAUFFERIE DE LA DEFENSE. Faute d'autorisation préfectorale d'exploitation, la centrale va s'arrêter ce soir de fonctionner. Près de 30 000 foyers de Courbevoie, Nanterre et Puteaux vont se retrouver sans eau chaude ni chauffage. |
A PARTIR DE CE SOIR minuit, la chaufferie de La Défense s'arrêtera de fonctionner. Conséquence : des milliers de logements et bureaux situés sur les communes de Nanterre, Puteaux et Courbevoie seront privés d'eau chaude et de chauffage. Le scénario paraît invraisemblable, mais il est pourtant bien réel et les causes sont simples : la préfecture n'a pas renouvelé l'autorisation d'exploitation, et le nouveau concessionnaire de la centrale, la société Enertherm (qui succède à partir d'aujourd'hui à l'ancien exploitant Climadef), a donc décidé de stopper les installations. «Je ne peux pas, sous peine de poursuites pénales, faire fonctionner la chaufferie sans autorisation. Ce soir à minuit, la centrale s'arrêtera», explique Bernard Forterre, le président d'Enertherm. Comment en est-on arrivé à une telle situation ? La chaufferie qui avait explosé en 1994, causant la mort de deux personnes, fonctionne depuis cette époque avec des autorisations provisoires d'exploitation, renouvelées tous les deux ou trois ans. C'est aujourd'hui que la troisième autorisation accordée à l'ancien exploitant Climadef arrive à échéance. Mais la préfecture des Hauts-de-Seine n'a pas souhaité la renouveler une fois de plus. «La procédure prend plusieurs mois. Et en l'état actuel, le dossier que nous a remis début juin le nouvel exploitant de la chaufferie n'est pas recevable. Nous ne pouvons que constater que l'ancienne autorisation est expirée», souligne une source proche du dossier.
Solange Gelblat
****************
lundi 4 juillet 2002|
|
LE DOSSIER à rebondissements de la chaufferie de La Défense risque bien de livrer cet été son épisode le plus chaud. A quelques semaines du passage de relais officiel entre l'actuel concessionnaire du site, la société Climadef, et son remplaçant, le groupe Enertherm, les riverains de l'usine se demandent si la centrale fonctionnera à la rentrée avec ou sans autorisation préfectorale. La préfecture indique que le nouveau concessionnaire a déposé son dossier le 1er juin et que l'
État a jusqu'au 31 août pour se prononcer. "Nous étudions actuellement le dossier et nous procéderons à une contre-expertise, souligne-t-on à Nanterre. Et au vu du résultat, le préfet prendra alors sa décision". Les riverains ne semblent pourtant pas avoir entendu la même explication des représentants de l'État."La dernière autorisation provisoire d'exploitation, accordée par la préfecture des Hauts-de-Seine il y a deux ans, arrive à terme mais le représentant de la préfecture nous a affirmé lors de la dernière commission locale d'information qu'il ne serait pas en mesure, d'ici le 1er septembre, d'accorder une nouvelle autorisation d'exploiter l'installation", indique Joëlle Paris, présidente du collectif des riverains anti-centrale (Crac). "La préfecture nous expliquait alors que les services techniques préfectoraux n'auraient pas le temps de statuer sérieusement d'ici début septembre". Un scénario qui donne froid dans le dos aux riverains de Courbevoie qui se battent depuis des années contre la présence de l'usine à leurs portes. "Nous ne serions pas choqués par une telle décision car ce serait la preuve que le préfet ne souhaite pas signer une autorisation de complaisance sous prétexte que l'installation ne peut s'arrêter, mais nous interprétons ce refus de statuer dans l'urgence comme une sorte de sonnette d'alarme tirée par la préfecture, souligne le Crac. Et nous sommes dans le même temps inquiets de cette situation inédite car l'absence d'autorisation préfectorale poserait évidemment un problème de responsabilité en cas d'accident". Le Sicudef, syndicat intercommunal propriétaire de la chaufferie, ne doute pas de son côté que le préfet donnera finalement son accord. "A cette heure, l'autorisation n'a pas été donnée mais la préfecture a encore deux mois pour statuer, souligne-t-on à la direction du syndicat. Et si le préfet ne donnait pas son autorisation, cela signifierait qu'il faut couper le chauffage de La Défense ! "
LE PARQUET de Nanterre vient d'ouvrir une information judiciaire contre X pour "corruption active et passive" dans le cadre de l'attribution de la nouvelle concession de chauffage et de climatisation de La Défense, confiée à partir du 1er septembre à la société Enertherm, en remplacement de l'actuel concessionnaire Climadef. La justice a été saisie par la direction générale de la répression des fraudes, elle-même contactée il y a plusieurs mois, selon "le Canard enchaîné", par un Luxembourgeois proche du dossier, qui affirmait alors que l'appel d'offres avait été "truqué". Des accusations non prouvées sur lesquelles planchera désormais un juge d'instruction désigné par le procureur de Nanterre. Le magistrat devrait notamment se pencher sur les conditions de mise en place de cet appel d'offres, organisé par le syndicat intercommunal propriétaire de la chaufferie. Un syndicat présidé par le sénateur-maire RPR de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud. L'élu affirme pourtant que cette histoire ne le regarde pas. "J'ai multiplié les précautions et consulté les professeurs de droit pour organiser cet appel d'offres qui a, en outre, déjà été étudié à la loupe par l'
État, souligne le maire. Et aucune des entreprises en concurrence n'a d'ailleurs déposé de recours".F.Mouchon
****************
Le Parisien, mardi 25 septembre 2001
|
|
****************
Le Parisien, mercredi 26 septembre 2001
|
|
![]() |
| Dans un courrier adressé hier au ministre de l'Environnement, le maire RPR de Courbevoie, Jacques Kossowski, fait part de sa «très vive inquiétude pour la sécurité des riverains vivant à proximité de la centrale de climatisation», située dans le quartier (LP.) |
APRÈS L'ONDE DE CHOC provoquée par la catastrophe de Toulouse, la polémique ressurgit à Courbevoie sur les risques d'accidents à la chaufferie de La Défense. Dans un courrier adressé hier au ministre de l'Environnement Yves Cochet, le député-maire de Courbevoie Jacques Kossowski ne cache pas sa «vive inquiétude pour la sécurité des riverains vivant à proximité de la centrale de climatisation, située dans le quartier du Faubourg de l'arche». Tout le monde a encore en mémoire la terrible explosion qui avait détruit la centrale en 1994 et fait deux morts.
Aujourd'hui, plusieurs milliers d'habitants vivent à proximité du site industriel, reconstruit à la hâte au lendemain de l'accident afin d'assurer le chauffage et la climatisation du quartier d'affaires. En réponse à l'inquiétude croissante des riverains, le maire de Courbevoie demande aujourd'hui au ministre Vert de «bien vouloir, soit élargir le périmètre de sécurité, soit réaliser un sarcophage de protection, soit délocaliser l'installation pour répondre aux risques existants». «Je crains que l'actuel périmètre de sécurité fixé à 75 mètres ne réponde pas à l'enjeu de la menace», estime l'élu.
Risques bactériens
Le Collectif des riverains anti-centrale (Crac) s'est lui aussi mobilisé en alertant par écrit, dès ce week-end, Yves Cochet et son homologue à la Santé Bernard Kouchner. Objectif de l'association : profiter de «l'électrochoc provoqué par la catastrophe de Toulouse pour mettre les responsables du dossier de la centrale devant leurs responsabilités».
«La lettre du maire de Courbevoie est une bonne initiative, reconnaît la présidente du Crac, Joëlle Paris, mais nous maintenons que la délocalisation de la chaufferie reste la solution la plus judicieuse. Élargir le périmètre de sécurité me semble difficile. Quant à la construction d'un sarcophage, ce serait sans doute efficace en cas d'incendie, mais pas en cas de contamination bactérienne.» Des risques bactériens - notamment la légionellose - que le maire de Courbevoie met lui-même en avant dans son courrier au ministre de l'Environnement.
Frédéric Mouchon****************
Le Parisien, jeudi 11 octobre 2001
|
|
![]() |
| COURBEVOIE,
Quartier du Faubourg de l'arche.
Une résidence étudiante de 195 logements sera prochainement construite sur ce terrain situé aux abords directs de la chaufferie de La Défense. (LP.) |
ON N'ARRÊTE PAS du jour au lendemain l'urbanisation, même au nom du sacro-saint «principe de précaution». La preuve au Faubourg de l'arche à Courbevoie. Dans ce quartier d'habitations déjà extrêmement dense, le maire de la ville, Jacques Kossowski, vient de signer en septembre un nouveau permis de construire pour une résidence étudiante prévue à quelques mètres seulement des portes de la chaufferie de La Défense ! Une centrale qui avait explosé en 1994 et dont la sécurité est montrée du doigt depuis des années par les riverains et... par le maire lui-même. Au lendemain des événements dramatiques survenus à Toulouse, Jacques Kossowski a fait part au ministre de l'Environnement de sa «très vive inquiétude pour la sécurité des riverains vivant à proximité de la centrale de climatisation».
Impossible de geler cette construction
Pourquoi, dans ces conditions et malgré cette crainte désormais officiellement affichée, l'élu continue-t-il à autoriser des constructions aux abords du site industriel ? Une contradiction pointée par le Comité des riverains anti-centrale (Crac) dans un courrier adressé à Jacques Kossowski. Les habitants y expriment au maire leur «stupeur» : «Il nous semble impossible que les enseignements de l'explosion de 1994 ne plaident pas en faveur d'un principe de précaution impliquant le gel temporaire du développement de l'urbanisme dans le périmètre immédiat de la centrale.» Impossible de geler cette construction, répond en substance le maire de Courbevoie, par ailleurs président de la Semcodan (NDLR : l'aménageur du quartier chargé notamment de vendre les terrains aux promoteurs). L'élu oppose aux critiques des riverains un argument juridique : «La délivrance ou le refus d'accorder un permis de construire ne dépend pas de ma simple volonté, réagit Jacques Kossowski dans un communiqué officiel, mais de la conformité de ce permis aux prescriptions légales et réglementaires en matière d'urbanisme (...) Un maire ne peut refuser d'accorder un permis de construire au nom du principe de précaution. Sa décision serait alors annulée par le tribunal administratif et la responsabilité de la commune serait mise en cause et pourrait donner lieu à un contentieux indemnitaire». «C'est aussi une question de volonté politique», tranche le Crac. A bon entendeur...
Frédéric Mouchon****************
Une explosion détruit en partie la centrale et provoque deux morts. Pour continuer à chauffer et climatiser les tours de La Défense, la chaufferie est reconstruite sur place en urgence. Elle se voit octroyer une autorisation provisoire de fonctionnement de trois ans (1994-1997) délivrée par la préfecture.
1995
Tablant sur un déplacement à terme de l'usine, la ville de Courbevoie poursuit son projet de construction d'une immense zone d'habitation dans le secteur, baptisée ZAC Danton (l'actuel quartier du Faubourg de l'arche). Les premiers permis de construire sont signés. Certains immeubles seront construits en bordure de l'usine.
1997- 2000
Une nouvelle autorisation provisoire de fonctionnement est accordée. Les constructions s'accélèrent dans le quartier.
Mai 2000
Troisième autorisation «provisoire» de fonctionnement, assortie d'une série d'arrêtés visant à la réduction des nuisances, dénoncées par les riverains du site.
Septembre 2001
Dans un courrier adressé au ministre de l'Environnement, le maire de Courbevoie, Jacques Kossowski, s'inquiète officiellement «pour la sécurité des riverains vivant à proximité de la centrale». Il demande de bien vouloir «soit élargir le périmètre de sécurité, soit réaliser un sarcophage de protection, soit délocaliser l'installation».
|
|
|
| Septembre 2002 | |